Voici la suite des aventures de Mamzelle Sauterelle et des Fourmis.
Mamzelle Sauterelle fut reçue avec tous les honneurs dûs aux devineresses ! Dans sa magnifique suite l'attendaient trois fourmis domestiques, prêtes à satisfaire ses moindres demandes.
La Reine était fort impatiente, pensant sans cesse à sa précieuse bague.
Quant à Mamzelle Sauterelle, elle n'avait qu'une seule idée : profiter au maximum de toute cette magnificence. Après, il sera toujours temps de voir, pensait-elle !
Pour sauver les apparences et donner à croire qu'elle réfléchissait fort, elle s'asseyait dans un vaste fauteuil, et prenait la pose, tête légèrement penchée, yeux fermés, les doigts de la main formant un triangle que les domestiques fourmis, si curieux, observaient d'un air hagard.
Le premier jour, elle se comporta ainsi à deux reprises puis, au moment de recommencer, ordonna aux deux plus grandes fourmis de sortir de la pièce.
Lorsqu'il ne resta plus dans la pièce que le plus petit domestique, la sauterelle le regarda, inspira profondément et déclara d'un ton mystique
- Je vois qu'il y en a un qui s'est fait prendre !
La petite fourmi ne comprit rien à l'allusion de la sauterelle, mais rapporta ces propos à ses deux collègues le soir même, au moment de partager leur frugal repas. Elles ne comprirent pas davantage le sens des propos tenus par Mamzelle Sauterelle.
Le lendemain, après sa toilette matinale où elle se fit lisser les ailes avec du lait de coco, Mamzelle Sauterelle continua son manège. Elle se fit apporter différents mets délicats, qu'elle arrosa d'un succulent rhum vieux. C'était le rhum préféré de la Reine, et c'est pour cette raison qu'elle le choisit, toujours aussi sans gêne !
Comme la veille, elle prit sa pose donnant à penser qu'elle méditait, et demanda à la plus petite et à la plus grande fourmi de partir. Il ne restait donc plus que la fourmi domestique de taille moyenne, que la sauterelle semblait enfermer dans le triangle si inquiétant qu'elle dessinait avec les doigts.
Rouvrant les yeux, elle prononça solennellement
- Je vois qu'il y en a un deuxième qui s'est fait prendre !
Le soir, au cours du modeste dîner pris en commun, la fourmi de taille moyenne rapporta à ses collègues les paroles inquiétantes de la sauterelle. Aucun d'eux ne fut apte à donner un sens à ces paroles.
Arriva le troisième jour, qui pouvait voir s'achever la vie de la frivole et paresseuse sauterelle, mais elle s'en moquait ! "Il faut bien mourir un jour !" se répétait-elle, "et "il faut mieux mourir heureux que malheureux !"
Elle prit un copieux petit déjeûner largement arrosé, puis retourna prendre la pose dans son fauteuil.
Les fourmis domestiques se mourraient d'angoisse, supposant bien que la devineresse allait demander à rester seule avec la plus grand cette fois.
Prenant les devants, les deux plus petites proposèrent à la sauterelle de lui apporter encore quelques douceurs.
- C'est une très bonne idée, leur répondit-elle, et prenez votre temps !
A peine furent-elles sorties, qu'elle se redressa et leva les bras au ciel en déclarant
- Je vois que le troisième vient de se faire prendre, et la reine n'aura aucune pitié ! Ce que la vie peut être dure pour les malheureux ! La mort nous guette dès notre naissance …
Une peur panique envahit les 3 fautifs, et surtout le 3ème larron ...
- Mamzelle Sauterelle, ô grande devineresse, Je vous supplie de me pardonner. Ne me livrez pas au bourreau !
- Mais, quel affreux secret dissimules-tu pour être ainsi mort de peur ?
- Tu avais raison ! Dès le premier jour tu as compris que c'était nous qui avions volé la bague !
La sauterelle était ravie de son stratagème qui lui avait permis, sans violence, de faire avouer la vérité aux 3 coupables.
Mais pourquoi les avait-elle soupçonnés si rapidement ?
Tout simplement parce que les 3 fourmis étaient les seules à accéder à la chambre à coucher de la reine, et à pouvoir s'emparer de la précieuse bague qu'elle rangeait dans son coffret à bijoux avant de se coucher, par peur de l'abimer dans son sommeil.
Pendant que Mamzelle Sauterelle réfléchissait ainsi, les 3 fourmis se lamentaient à qui mieux mieux.
- Mamzelle Sauterelle, nous ne sommes pas des voleuses, mais nous avions besoin de l'argent que nous aurait rapporté la vente de cette bague pour nourrir notre famille.
La vie est devenue si chère au royaume que les fruits et légumes sont hors de prix.
Sauterelle pensant à sa vie d'avant, demanda :
- Pourtant, au château vous avez le vivre et le couvert. Vous êtes également logés, alors de quoi vous plaignez-vous ?
- Tout cela est vrai, puissante devineresse, mais as-tu vu le gros arbre en face du château ? C'est là que loge notre famille. Et elle est immense cette famille, si grande qu'on ne saurait en compter le nombre de membres !
Sauterelle acquiesça.
- Eh bien, si mes 2 frères et moi ne leur apportons pas de quoi manger, ils vont tous mourir d'ici peu ...
Mamzelle Sauterelle, bien que frivole, était compatissante, surtout lorsqu'elle repensait à son ancienne vie !
Maintenant, son ventre bien rempli l'incitait à un peu de tolérance.
Elle réfléchit donc brièvement puis proposa un stratagème aux fourmis
- Je ne veux pas être livrée au bourreau, et vous pas davantage je suppose ! Alors, voilà ce que vous allez faire. Allez chercher la précieuse bague et faites-la avaler par la plus grosse oie de la reine, parmi celles que l'on voit dans la basse-cour du château.
Et puis, ne vous occupez plus de rien, je me charge de tout !
Je vous promets également que, même sans la bague, vous pourrez nourrir suffisamment votre famille pour le reste des temps ...
Un peu rassurées et pleines de confiance en la sauterelle, les fourmis allèrent s'exécuter.
Je vous demande encore un peu de patience avant la fin que vous pourrez lire ... jeudi !
Aujourd'hui, suite et fin des aventures de "Mamzelle Sauterelle et les Fourmis"
Merci de ta fidélité Mimi. Si j'arrête à un moment "stratégique", c'est pour vous donner envie de revenir le lendemain sinon je risque d'écrire juste pour le serveur
Donc ...
Le délai fixé par la Reine arrivait à son terme.
Dès que le coq fit entendre son cocorico, la Reine se présenta devant la chambre de Mamzelle Sauterelle, accompagnée de trois de ses bourreaux.
Elle avait toujours l'espoir de récupérer sa précieuse bague, mais, dans le même temps, elle était secrètement satisfaite de faire payer à cette impudente son sans-gêne, sa gourmandise et ses mensonges.
Elle intima donc à Mamzelle Sauterelle de faire se prière avant que les bourreaux ne mettent fin à sa misérable vie.
- Oh Divine Reine, mes pouvoirs de divination sont si puissants, qu'ils m'ont permis de retrouver votre très précieuse bague.
La Reine, n'en croyant pas ses oreilles, lui intima
- Parle, je t'écoute !
Prenant une nouvelle fois sa position de fausse devineresse, la sauterelle répondit
- ô ma Reine bien aimée, ta précieuse bague a été avalée par la plus grosse oie de ta basse-cour. Il suffit que tu lui fasses ouvrir le ventre pour y récupérer ta splendide bague …
La reine chargea ses bourreaux d'exécuter la coupable et de récupérer ainsi son précieux trésor. Ce qui fut fait dans le quart d'heure !
La Reine fut si heureuse d'avoir récupéré son précieux ornement, qu'elle fit organiser un grand banquet en l'honneur de la sauterelle, au cours duquel l'oie coupable fut servie toute rôtie.
La Reine envoya également des messagers à travers tout son royaume, pour faire savoir à la population que mamzelle Sauterelle était la meilleure devineresse du monde.
A la suite de quoi, elle la nomma conseillère personnelle de son auguste personne, à des conditions si avantageuses que Sauterelle ne pouvait refuser.
La sauterelle tint promesse et fit cadeau aux fourmis de la récompenses remise par la Reine. Ce qui la rendit très populaire auprès des pauvres du royaume, ventant sans cesse son grand coeur et sa générosité.
Quant à Sa Majesté Libellule, sa taille brille à nouveau de mille feux grâce à sa précieuse bague qu'elle ne quitte plus, même pour aller dormir !
La sauterelle fut considérée c omme bienfaitrice mais la pauvre oie en a payé de sa vie
Comme on dit " le malheur des uns fait le bonheur des autres
Merci beacoup Christiane pour cette histoire
Aujourd'hui, je vais vous parler de nos petites amies les Abeilles ...
Imaginez une cité industrielle qui nourrit, héberge et emploie 60.000 ouvrières, toutes sœurs et filles de la "patronne" ... Vous aurez une vision très exacte de ce qu'est une riche, cette usine à miel, sous la présidence de Sa Majesté la Reine des abeille !
Cette entreprise familiale est parfaitement organisée, pour optimiser sa production qui peut atteindre 280 kg / an de miel multiflore, soit l'équivalent de 9 millions de fleurs butinées pour leur nectar.
Non seulement la reine ne lève pas le petit doigt, ou disons le bout d'une patte, pour participer à la vie bourdonnante de son royaume, mais ses ouvrières doivent la soigner, la nourrir, la lècher, ... en plus de leurs travaux quotidiens, et ce, afin qu'elle accomplisse au mieux son unique mission : pondre, mission qu'elle accomplit ... royalement ! Jugez-en !
Sa spermathèque est remplie de spermatozoïdes et elle pond un oeuf toutes les 40 secondes. S'il est fécondé, il donnera naissance à une petite ouvrière, dans le cas contraire, il en sortira un mâle ou faux-bourdon.
Malgré le rythme infernal qui lui est imposé, en tant que pondeuse unique de toute la colonie, pour rien au monde elle ne partagerait ce rôle avec quelqu'un d'autre.
Donc, pour garantir l'exclusivité de son activité, elle émet des phéromones en direction de ses ouvrières, qui ont pour fonction de bloquer leur ovaires et de leur interdire de nourrir trop longtemps les larves à la gelée royale, ce qui aurait pour effet de transformer les bébés femelles en futures reines concurrentes.
Mais les abeilles ouvrières sont loin d'être les travailleuses acharnées que l'on imagine, puisqu'elles passent les deux tiers de leur temps à flâner sur les rayons gorgés de miel. Néanmoins, leur productivité est remarquable, grâce à une flexibilité professionnelle et une polyvalence que tout patron d'entreprise peut envier !
Chaque "métier" correspond à une période de sa vie ...
de 0 à 3 jours, elle est affectée au ménage et à la toilette de ses congénères
de 3 à 10 jours, elle nourrit les larves avec de la bouillie de pollen et gave les plus jeunes avec de la gelée royale, …
de 12 à 19 jours, elle fabrique les rayons à partir d'une cire fabriquée par ses glandes abdominales
enfin, à l'âge de 21 jours, elle joue les exploratrices, à la recherche de nectar, de pollen, eau et propolis (gomme collectée sur les bourgeons, servant à réparer les fuites de la ruche), et ce dans un rayon de 3 km autour de la ruche.
Elle finit par mourir d'épuisement, après avoir parcouru parfois plus de 800 km,
Comme promis, voici la suite de cette très intéressante histoire ...
Le miel n'est autre que du nectar de fleurs, ruminé et recraché par les abeilles !
Sa fabrication commence dans l'estomac de la butineuse, qui ramène à la ruche environ 75 mg de marchandise récoltée sur un millier de fleurs.
A son retour dans la ruche, elle régurgite sa récolte dans la bouche d'une réceptionniste qui l'achemine immédiatement jusqu'à une alvéole de stockage.
Là, des ventileuses battent frénétiquement des ailes pour faire évaporer une grande partie de l'eau.
Une ouvrière va se charger de le ruminer une dernière fois, le mélangeant à ses sucs digestifs, et ce pendant une vingtaine de minutes, au bout desquelles elle recrache une goutte finale : du miel.
Les abeilles ont même inventé la climatisation collective …
En été, lorsque la température atteint 36°C, seuil fatal pour les larves, les ouvrières se précipitent à l'entrée de la ruche pour battre des ailes et produire un courant d'air permettant ainsi de ventiler la ruche.
En hiver, elles se transforment en appareil de chauffage en se gorgeant de miel et en faisant vibrer leurs muscles ce qui a pour effet de produire de la chaleur. Elles arrivent ainsi à maintenir une température intérieure de 10°C même lorsque la température extérieure est de –40°C
Cette climatisation tout au long de l'année permet aux abeilles de rester actives en toutes saisons, échappant ainsi à l'hibernation, contrairement à la plupart des insectes et des animaux à sang froid.
Mais, comme la perfection n'existe pas, toute cette belle organisation a son talon d'Achille ! Quel peut-îl bien être ? Tout simplement le risque de surpopulation !
La reine étant très prolifique, à la longue, la ruche risque l'engorgement et la paralysie.
Mais, là encore, tout a été prévu !
La reine est avertie du risque de surpopulation lorsque les ouvrières échappent à son contrôle olfactif et réussissent à mettre en route des monarques de rechange.
Elle déménage alors avec une partie de ses sujets pour aller reconstruire ailleurs une usine à miel : c'est l'essaimage.
Il ne faut que quelques jours pour qu'une souveraine de seconde génération apparaisse dans l'ancienne ruche, une jeune ambitieuse qui à peine née se débarrasse de ses royales soeurs pour garder le pouvoir entre ses seules pattes !
Il ne lui reste plus qu'à attendre la cérémonie nuptiale aérienne pour être fécondée par quelques mâles, et la voilà prête à régner sans partage.
Une semaine après le départ de sa mère, la vie dans la ruche a repris son train-train quotidien !
Pour ce soir, je vais vous faire découvrir l'histoire de Thésine l'araignée.
La petite Thésine vivait dans un grand et joli pré planté de marguerites et de tulipes. Thésine étaitt une araignée porte-croix noire qui adorait sa vie en pleine nature
Elle plaignait beaucoup tous ses cousins, obligés de vivre sous les toîts, dans les enfractuosités des murailles, dans les coins sombres des maisons.
D'autant que les hommes n'apprécient guère les araignées !
La petite Thésine était une petite araignée bien élevée.
Après lui avoir indiqué tout ce qu'il faut savoir pour se débrouiller quand on est une petite araignée, ses parents lui dirent qu'il était temps qu'elle prenne son indépendance et que, de leur côté, leur vie allait bientôt s'achever.
Après avoir fait ses adieux à ses parents, Thésine chercha un bon emplacement pour commencer à tisser sa toile.
Elle se mettait tout juste à la besogne lorsque l'un de ses voisin s'en vint lui souhaiter la bienvenue. Puis ce fut au tour d'un autre, puis bientôt un véritable défilé d'insectes en tous genres, accompagnés de souris, de vers de terre, et que sais-je encore s'empressèrent autour d'elle, mais à une distance raisonnable ...
Thésine était aussi étonnée par leur accueil chaleureux que par la distance respectueuse qu'ils tenaient à garder vis-à-vis d'elle.
Elle comprit vite quelle en était la raison : une araignée porte-croix peut se montrer dangereuse et personne n'était tenté par l'idée de finir sa vie entortillé dans ses filets.
Après ce grand moment de convivialité, il était temps pour Thésine de s'occuper de sa toile, si elle voulait pouvoir manger et passer une nuit confortable.
Elle se mit donc à tisser, tisser, et tisser encore, mais plus elle tissait plus elle s'apercevait de sa grande maladresse.
Pourtant, Maman araignée lui avait appris comment faire, avec une grande patience, mais Thésine, pressée d'aller se promener, n'écoutait que d'une oreille distraite ...
Combien elle regrettait maintenant sa frivolité, son manque d'attention !
Thésine pensait avec nostalgie à l'époque où elle vivait avec ses frères et soeurs, dans la tendresse de ses parents. Comme elle se sentait seule subitement !
Après avoir fait une petite pause, Thésine reprit son tissage, mais c'était inégal, pas assez solide, elle commença à s'énerver et ... s'empêtra dans sa propre toile qui finit par s'écrouler avec elle ... Plus elle s'agitait et plus elle s'entortillait.
Impuissante et désespérée de se voir si faible et si peu sage, prisonnière de la prison qu'elle avait elle-même tissée, elle éclata en sanglots !
Astrid, fais attention à ne pas t'entortiller dans la toile, comme Thésine ! ...
Merci à toi et Mimi pour votre soutien permanent et l'intérêt dont vous témoignez pour mes petites histoires
Voilà, enfin, la fin de l'histoire de la petite Thésine ...
Son voisin le plus proche était Monsieur Chose, une grosse araignée bien plus sage qu'elle.
Les sanglots de Thésine finirent par le tirer de son sommeil.
Il chercha donc d'où venaient ces sanglots si désespérés puis finit par découvrir Thésine, saucissonnée sur le sol.
Monsieur Chose demandait à Thésine quelle était la cause d'un si grand chagrin, quand il comprit subitement.
Il s'empressa de la libérer puis la réconforta
- Tu sais, tous les débutants connaissent des échecs, mais si l'on veut vraiment apprendre, on y arrive ! Mais, médite bien ce proverbe : "tel est pris qui croyait prendre." Puis il lui proposa de lui apprendre comment tisser une belle toile, bien solide.
Une fois Monsieur Chose retourné dormir, Thésine réfléchit à ce proverbe qu'il lui avait appris ... Il y avait du vrai là-dedans !
C'était vrai qu'elle avait voulu tendre un piège à d'autres animaux et que c'est elle qui en avait été victime !
Ayant ressenti ce qu'auraient pu ressentir ses victimes, elle se demanda si c'était bien nécessaire de se comporter ainsi, et s'il fallait manger d'autres animaux uniquement parce que toute sa famille et ses amis le faisaient.
Elle supposa que ces pratiques de chasse, d'abattage et de consommation d'autres animaux leur venaient sans doute des hommes, qui vivaient ainsi.
Elle réfléchit, et réfléchit encore et, prise d'une inspiration, elle prit sa décision ...
Jamais plus je ne vivrai aux dépends d'une autre créature vivante !
Quand Monsieur Chose, son serviable voisin, vint pour lui enseigner l'art de tisser une toile, elle l'avertit qu'elle voulait bien apprendre à tisser une toile pour y vivre, mais pas une toile pour y attraper d'autres êtres vivants. Elle était décidée à devenir vététarienne !
Cette brusque prise de conscience transforma la jeune araignée en une araignée pleine de sagesse, ce qui lui donna la force de se tenir à sa décision.
Cette brusque transformation ne passa pas inaperçue de son entourage. Etonnés, tous ses voisins s'empressèrent de le faire savoir autour d'eux, et ce que Thésine perdit en proies, elle le gagna en amis.
Elle fit également des émules parmi ses semblables, qui se mirent à penser que le véritable sens de la vie est d'avoir du respect pour toutes les créatures et pour tous les hommes. "Personne ne doit blesser l'autre", dirent-ils et ils agirent en conséquence.
Ils inclurent également les hommes dans leurs bons sentiments, pensant
- Nous voulons vivre avec les hommes et les hommes doivent vivre avec nous. C'est cela la grande pensée créatrice."
De temps en temps, un gentil conte philosophique, ça fait du bien, non ?
c'était un très beau conte si ça pouvait se rencontrer dans la vie de tous les jours, je réviserais sans doute mon jugement sur les araignées en tout cas elle est bien sympathique cette Thésine
J'avoue ... qu'après avoir vu la photo de la tite araignée j'étais pas trop chaude pour lire avec cette satanée phobie pis hop je viens de lire les deux parties d'un coup et .........c'est extra
Thésine est une bien sympathique gnégné et quel respect envers les autres
Merci pour cette histoire
Aujourd'hui, je vais vous faire découvrir une fable de Claris de Florian (1755-1794), auteur de fables, chansons, pastorales et comédies pour le théâtre italien.
Cette fable s'appelle, tout simplement, "La Sauterelle". La voici donc ...
"C’en est fait, je quitte le monde ; je veux fuir à jamais le spectacle odieux des crimes, des horreurs, dont sont blessés mes yeux. Dans une retraite profonde, loin des vices, loin des abus, je passerai mes jours doucement à maudire les méchants de moi trop connus.
Seule ici bas j'ai des vertus ! Aussi, pour ennemi, j'ai tout ce qui respire, tout l'univers m'en veut. Homme, enfants, animaux, jusqu'au plus petit des oiseaux, tous sont occupés à me nuire.
Eh ! Qu'ai-je fait pourtant ? ... que du bien. Les ingrats ! Ils me regretteront, mais après mon trépas. Ainsi se lamentait certaine sauterelle, hypocondriaque et n'estimant qu'elle.
Où prenez-vous cela, ma sœur ? Lui dit une de ses compagnes. Quoi ! Vous ne pouvez pas vivre dans ces campagnes en broutant de ces prés la douce et tendre fleur, sans vous embarrasser des affaires du monde ?
Je sais qu'en défauts il abonde, il fut ainsi toujours, et toujours il sera ; ce que vous en direz n'y changera rien. D'ailleurs où vit-on mieux ?
Quant à votre colère contre ces ennemis qui n'en veulent qu'à vous, je pense, ma sœur, entre nous, que c'est peut-être une chimère, et que l'orgueil souvent donne ces visions.
Dédaignant de répondre à ces sottes raisons, la sauterelle part, et sort de la prairie sa patrie.
Elle saute durant deux jours pour faire deux cents pas. Alors elle se croit au bout de l'hémisphère, chez un peuple inconnu, dans de nouveaux états ; elle admire ces beaux climats, salue avec respect cette rive étrangère.
Près de là, des épis nombreux de six pieds de haut, ondoyants et pressés se balançaient entre eux…
Ah que voilà bien mon affaire ! Dit-elle avec transport. Dans ces sombres taillis je trouverai, sans doute, un désert solitaire. C'est un asile sûr contre mes ennemis.
Mais, dès l'aube suivante, voici venir les moissonneurs. Leur troupe nombreuse et bruyante s'étend en demi-cercle, et, parmi les clameurs, les ris, les chants des jeunes filles, les épis entassés tombent sous les faucilles, la terre se découvre, et laisse voir les sillons tout nus.
Pour le coup, s'écrit la triste sauterelle, voilà qui prouve bien la haine universelle qui partout me poursuit. A peine en ce pays a-t-on su que j'étais là, qu'un peuple d'ennemis s'en vient pour chercher sa victime. Dans la fureur qui les anime, employant contre moi les plus affreux moyens, de peur que je n'échappe ils ravagent leurs biens ! Ils y mettraient le feu si c'était nécessaire ! Eh ! Messieurs, me voilà, dit-elle en se montrant ; finissez un travail si grand, je me livre à votre colère.
Un moissonneur, dans ce moment, par hasard la distingue ; il se baisse, la prend, et dit, en la jetant dans une herbe fleurie : va manger, ma petite amie.
La morale de cette fable n'étant pas précisée, je vous laisse l'imaginer.
Aujourd'hui, un nouveau conte de Claris de Florian (1755-1794), appelé tout simplement "Le grillon"
"Un pauvre petit grillon caché dans l'herbe fleurie regardait un papillon voltigeant dans la prairie.
L'insecte ailé brillait des plus vives couleurs ; l'azur, le pourpre et l'or éclataient sur ses ailes. Jeune, beau, petit-maître, il court de fleurs en fleurs ; prenant et quittant les plus belles.
Ah ! se disait le grillon, que son sort et le mien sont différents ! Dame nature pour lui fit tout et pour moi rien. Je n'ai point de talent, encor moins de figure ; nul ne prend garde à moi, l'on m'ignore ici bas … Autant vaudrait n'exister pas.
Comme il parlait, dans la prairie arrive une troupe d'enfants. Aussitôt, les voilà courant après ce papillon dont ils ont tous envie. Chapeaux, mouchoirs, bonnets, servent à l'attraper. L'insecte vainement cherche à leur échapper, il devient bientôt leur conquête. L'un le saisit par l'aile, un autre par le corps ; un troisième survient et le prend par la tête. Il ne fallait pas tant d'efforts pour déchirer la pauvre bête.
Oh ! Oh ! dit le grillon, je ne suis plus fâché, il en coûte trop cher pour briller dans le monde. Combien je vais aimer ma retraite profonde ! Pour vivre heureux vivons caché."
Aimez-vous ces contes qui ressemblent à des fables ?
J'ai tout simplement adoré l'histoire de la petite Thésine...Je ne voyais pa les araignées sous cet angle !
J'aime aussi l'histoire du grillon..
J'adore ce genre d'histoires !
Puisque vous semblez aimer les fables, je vous en propose une que j'aime beaucoup pour sa grande sagesse ! ...
Il s'agit de la fable "Les Frelons et les mouches à miel"
"A l'œuvre on connaît l'Artisan.
Quelques rayons de miel sans maître se trouvèrent :
Des Frelons les réclamèrent ;
Des Abeilles s'opposant,
Devant certaine Guêpe on traduisit la cause.
Il était malaisé de décider la chose.
Les témoins déposaient qu'autour de ces rayons
Des animaux ailés, bourdonnants, un peu longs,
De couleur fort tannée, et tels que les Abeilles,
Avaient longtemps paru. Mais quoi ! dans les Frelons
Ces enseignes étaient pareilles. La Guêpe, ne sachant que dire à ces raisons,
Fit enquête nouvelle, et pour plus de lumière
Entendit une fourmilière.
Le point n'en put être éclairci.
- De grâce, à quoi bon tout ceci ?
Dit une Abeille fort prudente,
Depuis tantôt six mois que la cause est pendante,
Nous voici comme aux premiers jours.
Pendant cela le miel se gâte.
Il est temps désormais que le juge se hâte :
N'a-t-il point assez léché l'Ours ?
Sans tant de contredits, et d'interlocutoires,
Et de fatras, et de grimoires,
Travaillons, les Frelons et nous
On verra qui sait faire, avec un suc si doux,
Des cellules si bien bâties.
Le refus des Frelons fit voir
Que cet art passait leur savoir ;
Et la Guêpe adjugea le miel à leurs parties.
Plût à Dieu qu'on réglât ainsi tous les procès !
Que des Turcs en cela l'on suivît la méthode !
Le simple sens commun nous tiendrait lieu de Code ;
Il ne faudrait point tant de frais ;
Au lieu qu'on nous mange, on nous gruge,
On nous mine par des longueurs ;
On fait tant, à la fin, que l'huître est pour le juge,
Les écailles pour les plaideurs. "
Pour aujourd'hui, un petit texte de Jules Renard ... baptisé "La chenille"
"Elle sort d’une touffe d’herbe qui l’avait cachée pendant la chaleur. Elle traverse l’allée de sable à grandes ondulations. Elle se garde d’y faire halte et un moment elle se croit perdue dans une trace de sabot du jardinier.
Arrivée aux fraises, elle se repose, lève le nez de droite et de gauche pour flairer ; puis elle repart et sous les feuilles, sur les feuilles, elle sait maintenant où elle va.
Quelle belle chenille, grasse, velue, fourrée, brune avec des points d’or et ses yeux noirs !
Guidée par l’odorat ; elle se trémousse et se fronce comme un épais sourcil. Elle s’arrête au bas d’un rosier. De ses fines agrafes, elle tâte l’écorce rude, balance sa petite tête de chien nouveau-né et se décide à grimper.
Et, cette fois, vous diriez qu’elle avale péniblement chaque longueur de chemin par déglutition.
Tout en haut du rosier, s’épanouit une rose au teint de candide fillette. Ses parfums qu’elle prodigue la grisent. Elle ne se défie de personne. Elle laisse monter par sa tige la première chenille venue. Elle l’accueille comme un cadeau. Et, pressentant qu’il fera froid cette nuit, elle est bien aise de se mettre un boa autour du cou. "