Coucou!Je viens de decouvrir ce forum que je trouve tres interessantJe ne savais pas que ca existait,des papillons en novembreIl est vrai qu'on connait tres peu de choses sur les insectes
Encore une de mes découvertes, c'est fou ce que l'on peut découvrir quand on commence à chercher ! ...
C'est mon dernier jour d'accès au net avec ce fournisseur et j'attends la réponse de mon futur fournisseur, alors il est possible que je reste muette quelques jours J'espère que ce sera le plus bref possible.
Pendant ce temps, j'en profiterai pour chercher d'autres petits trésors !
Donc voici le petit poème en question ...
Un jour les hommes déclarèrent la guerre
Sans distinction d'espèces ou bien de race
A tous les insectes qui sur la terre
Etaient soi-disant des parasites voraces.
Tuez-les tous, la science est infinie
Après on verra bien si cette arme brutale
Même si certains la qualifient d'infamie
Nous accorde une victoire totale.
Les insectes moururent par milliers,
Seuls quelques-uns en réchappèrent,
Immunisés et refusant d'être humiliés,
En plus grand nombre se multiplièrent.
Les hommes alors dans les laboratoires,
Inventèrent de nouvelles molécules,
Plus toxiques promettant la victoire,
En augmentant sensiblement leur pécule.
Hélas les insectes sont dans la nature,
Comme nous des parasites utiles,
Impossible de séparer d'une façon sûre,
Ce qu'on garde de ce que l'on mutile.
La nature est une grande démocratie
Qui refuse les décisions totalitaires,
Ayant ses lois et ses hiérarchies,
Incontournables mais aussi salutaires.
Il en est de même en politique,
Vouloir détruire ses adversaires,
Les rend souvent plus prolifiques.
Ne trouvez-vous pas que ça donne à penser ?
Bonne nuit et à très bientôt (enfin, je l'espère !)
Je me permets de venir partager avec vous quelques petites infos que j'ai dénichées sur nos chères mantes religieuses
Saviez-vous par exemple que certaines espèces de mantes religieuses possèdent dans leur corps une caisse de résonance qui les aide à détecter les fréquences sonores émises par les chauves-souris
Lorsque la mante perçoit ces fréquences, elle se précipite vers le sol en tournoyant pour échapper à son principal prédateur
Son petit régime de prédilection consiste à se nourrir de mouches, d'abeilles, de chenilles, de papillons, de moustiques, d'araignées et même des sauterelles!
Même si son principal lieu de "résidence" se situe dans les régions méditerranéennes, elle a néanmoins été introduite en Amérique du Nord il y a environ 75 ans et ce, dans le but d'aider les fermiers à protéger leurs cultures car elle est un excellent prédateur pour tous les insectes nocifs à l'agriculture.
Sachez enfin que notre mante religieuse qui mesure de 5 à 9 cm, malgré son aspect fragile peut vivre jusqu'à 1 an… pas mal pour un insecte!
Rohhh pour ce qui est de ses menus je lui laisse volontiers ..
On va vraiment tout savoir sur ces demoiselles
Merci Christiane pour le poème merci Tite belge pour ce complémet d'infos
Après une semaine d'attente de mon nouveau modem, et renseignements pris, le délai est de ... 3 SEMAINES ! Encore 2 semaines à attendre mon accès au net ! Je craaaaqqquuueee !
Je profite d'un court accès à un autre PC pour mettre ces quelques textes.
Ce nom, qui désigne une famille de guêpes européennes, vient du grec polistês, celui qui fonde une communauté, une ville.
Au début du printemps, après avoir passé l'hiver bien à l'abri dans une anfractuosité , une fissure d'écorce ou une fente moussue, une jeune reine va créer sa propre colonie. Elle commence donc la construction de son nid, en utilisant un mélange de cellulose et de salive à durcissement rapide.
D'autres femelles, les "papetières" peuvent lui apporter leur aide pour broyer, à l'aide de leurs puissantes mandibules, les fibres ligneuses qui vont servir à confectionner les cellules de la ruche.
A la suite de quoi, la jeune reine rétrograde celles qui l'ont aidée, afin de régner sans partage et d'avoir l'exclusivité de la ponte.
Dès que le nid est disponible, elle dépose ses premiers œufs dans les cellules hexagonales, en les collant au fond à l'aide de mucus.
Il ne faut que cinq à six jours pour que les larves apparaissent. Nourries par la reine, éventuellement aidée par d'autres femelles, elles reposent, inertes, nues et gorgées de nourriture, dans les alvéoles.
Les larves deviennent des nymphes, puis des imagos, c'est-à-dire des insectes achevés, aptes à se reproduire. Elles quittent alors leurs alvéoles et ne tardent pas à s'activer dans l'intérêt de la colonie, agrandissant le nid, participant à l'approvisionnement et gâtant la reine en lui procurant son plat préféré, des chenilles malaxées qu'elles transforment en une sorte de bouillie verdâtre.
En été, certaines guêpes servent de "climatiseur" en battant sans cesse des ailes, afin de ventiler le nid pour que la température ne s'élève pas de façon inquiétante pour les larves.
Le nid des polistes ne comporte, la plupart du temps, qu'un étage. Lorsqu'il a atteint sa taille définitive apparaissent alors les jeunes mâles et les femelles fécondables.
L'heure du prochain démantèlement a sonné ... des larves périssent, certaines nymphes deviennent des imagos anormaux, les ouvrières ne travaillent plus et se révoltent, ... Et pendant ce temps, que font les futures reines ? Elles engraissent en interceptant toute la nourriture puis, après leur vol de fécondation elles se trouvent un abri pour y passer l'hiver.
Dans le même temps, la génération précédente agonise doucement ...
Des chercheurs du laboratoire d'Ethologie de l'Université Paris XIII ont montré que des fourmis tropicale, les Ectatomma ruidum, sont capables de résoudre un problème complexe sans avoir besoin d'un chef ou de directives précises préétablies.
Chez ces fourmis, la répartition des tâches est liée à l'âge des ouvrières : les plus jeunes s'occupent généralement des soins aux couvains, les plus âgées assurant l'approvisionnement.
Dans les tout premiers stades du développement de la fourmilière, le rôle des jeunes ouvrières est fonction des besoins.
Ensuite, la répartition des tâches peut être modifiée s'il y a un déséquilibre des tâches dans la fourmilière. Par exemple, si les aliments viennent à manquer, des soigneuses se changent en approvisionneuses pour "donner un coup de main" aux approvisionneuses en titre ; si ces dernières deviennent trop nombreuses, leur odeur spécifique devient trop forte et elles se "métamorphosent" en soigneuses, et ainsi de suite …
Les scientifiques se posent encore bien des questions au sujet de l'origine précise de cette régulation, mais il semblerait que les fourmis répondraient individuellement aux changements de leur environnement, par une adaptation permanente.
Cette spécificité intéresse au plus haut point les spécialistes de l'intelligence artificielle "distribuée", ceux qui cherchent à recréer sur ordinateur des formes d'intelligence d'un genre particulier : de la matière grise informatique qui, au lieu de résoudre un problème par un programme compliqué, le résout par plusieurs programmes simples, interactifs, coopérant sans connaître globalement le problème.
Ces facultés naturelles d'adaptation laissent quand même rêveur ...
Une autre forme d'intelligence, une intelligence collective, intéresse de près les informaticiens et les spécialistes de la robotique. Il s'agit de celle des termites.
A l'échelle humaine, les plus grandes termitières mesureraient plusieurs kilomètres de hauteur ! Quant à leur architecture, avec ses arches, ses tunnels et ses arcades, elle laisse bouche bée les professionnels du bâtiment !
Un chercheur a montré qu'au début de la construction d'une termitière, les ouvriers s'agitent en tous sens : ils font des boulettes de terre qu'ils enduisent en permanence de leur salive, les posent, en reprennent d'autres et les reposent d'abord au hasard puis, de plus en plus fréquemment, les déposent sur une autre boulette, et finissent enfin par ne plus les placer que sur des tas déjà existants.
Leur choix est déterminé par l'odeur de salive qui émane des boulettes de terre.
Plusieurs boulettes accolées sentant plus fort qu'une seule, ils rangent leurs propres boulettes de préférence sur les monticules déjà formés.
C'est ainsi que, petit à petit, les piliers de la termitière commencent à prendre forme
Lorsque deux proches piliers sont arrivés à une certaine hauteur, les ouvriers placent leurs boulettes collantes en priorité du côté tourné vers le pilier voisin, là où les odeurs attractives sont les plus tenaces. Les deux piliers finissent par se rejoindre et dessiner une arche.
En tenant compte de l'intelligence au ras des paquerettes des termites, cela laisse admiratif !
Mon absence s'étant prolongée bien au-delà de mes pires prédictions pour me faire pardonner je vais vous parler une nouvelle fois des fourmis Atta.
Comme cette histoire est un peu longue, je vais devoir la présenter en deux parties. Voici la première partie ...
Le flot incessant des grosses fourmis Atta va vous conduire, à travers un labyrinthe sans fin de galeries ramifiées et de loges tapissées d'un magma spongieux de champignons comestibles, jusqu'au coeur de leur immense cité souterraine enfouie au cœur d'une forêt tropicale.
Au cœur de ce royaume, la reine mène une vie de pacha, entourée de ses filles qui la soignent et la nourrissent. Et elle le mérite bien, elle qui passe sa vie à pondre, donnant naissance à une multitude d'ouvrières asexuées et, plus rarement, à des mâles fertiles et des femelles ailées susceptibles de donner une nouvelle reine.
Pendant ce temps, les ouvrières s'activent en tous sens. La manière dont elles ont été nourries quand elles n'étaient que de petites larves a déterminé leur taille adulte et leur rôle dans la cité.
La principale tâche des "minor", les plus petites, consiste à prendre soin de la reine et des couvains..
Les "média", elles, sont des expertes en champignon, mais attention, pas n'importe lequel. Il s'agit d'un agaric rarissime, qu'elles seules savent cultiver. Elles poussent la conscience professionnelle jusqu'à fabriquer dans leur organisme, engrais, bactéricides et fongicides, nécessaires à sa culture.
Quant aux "majors", les plus robustes, elles sont chargés de la sécurité de la fourmilière, se tenant prêtes à intervenir si un intrus a la mauvaise idée de passer trop près de la colonie.
Les fourmis se livrent à un curieux bouche-à-bouche ...qui leur sert à échanger de la nourriture. Une "média" mâche du champignon, le recrache dans la bouche de sa voisine qui va l'offrir à une troisième, et ainsi de suite … C'est ce que l'on appelle la trophallaxie. Cette activité leur permet de créer des liens, de distribuer au mieux la nourriture et de contrôler sa qualité.
Les fourmis communiquent beaucoup entre elles grâce à des féromones, signaux olfactifs produits par les glandes d'une fourmi et captées par les antennes de son interlocutrice.
Les Atta utilisent également le son comme mode de communication. Le son ? Mais elles n'ont pas d'oreilles ! En fait, elles ont des organes auditifs situés sur les pattes, ainsi qu'un organe stridulant sur l'abdomen, qui fait office de cordes vocales.
C'est ainsi, par exemple, que des ouvrières immobilisées par un éboulement dans une galerie, vont exprimer un cri de détresse pour alerter leurs congénères.
La sécurité à l'entrée de la fourmilière est très stricte, les portières refoulant sans ménagement les intrus que ne portent pas l'odeur caractéristique de colonie. Cette odeur est une combinaison chimique pratiquement inviolable puisqu'elle évolue sans cesse au cours du temps.
En effet, si la base du mélange est toujours la même, probablement transmise génétiquement par la reine, chaque individu qui naît y apporte ensuite son empreinte.
A la manière d'un code d'entrée que l'on change régulièrement, cet ingénieux système de sécurité protège la mégalopole.
A l'extérieur, les "média" récoltent les feuilles vertes nécessaires à la fabrication du compost utilisé pour la culture des champignons. Cette tâche est accomplie sous la protection de leurs gardes du corps, les "minor", qui se perchent sur les feuilles alentour et claquent des mandibules pour effrayer d'éventuels ennemis volants.
Chaque jour, des milliers d'ouvrières partent en expédition dévaster les campagnes. En un an, leur récolte s'élève à près d'une tonne de fourrage.
Lorsque l'une d'entre elles découvre un bon filon, avec son aiguillon abdominal elle badigeonne le sol d'un long filet odorant, qui résiste aux pluies tropicales. Toutes ses congénères peuvent ainsi suivre sa trace.
Enfin, avec un peu de chance, vous pourrez peut-être observer le vol nuptial d'une future reine. Elle a quitté sa mère la reine le matin même, poussée dehors par ses soeurs ouvrières, et suivie par tous les mâles ailés de la région qui vont, tour à tour, s'accoupler avec elle. Avec sa spermathèque remplie de 200 à 300 millions de spermatozoïdes, elle va pouvoir créer une nouvelle cité qu'elle peuplera de ses millions d'enfants.
Bravo et merci Christiane pour tout ce que tu nous à appris C'est vraiment passionnant et instructif Nous apprenons à tout âge...et nous sommes bien loin de tout connaître au sujet de la nature !!!!! Excellente année à toiMerci
Connaissez-vous l'origine de la bataille rangée des fourmis noires et des termites rouges ? Non ? Alors lisez le conte ci-après et vous saurez tout ! ...
Ne supportant plus de vivre seul, Téré décida un jour de partir à la recherche d'une compagne.
Il se rendit dans un village voisin, où il finit par trouver une femme à son goût. Ses beaux-parents lui imposèrent comme unique condition de leur bâtir une case.
Téré coupa de la paille qu'il fit sécher au soleil.
Trois jours plus tard, pendant qu'il ramassait sa paille, un gros termite rouge le mordit à la main . Son sang gicla et éclaboussa les ailes d'un papillon qui s'envolait.
Les oiseaux effrayés par cette tache de sang sur les ailes du papillon poussèrent des cris.
Leurs cris alertèrent le singe blanc qui, pris de panique, se mit à courir et fit tomber dans sa fuite un gros fruit sauvage, sur le dos d'un éléphant.
Affolé, l'éléphant en se sauvant piétina une tortue.
Pour se venger, la tortue, fit jaillir du feu qui incendia la brousse, où vivent des fourmis noires.
Les fourmis noires demandèrent à la tortue pour quelle raison elle avait mis le feu à leur brousse.
La tortue accusa l'éléphant qui à son tour incrimina le singe blanc.
Le singe blanc parla d'un gros fruit sauvage qu'il avait fait tomber dans sa fuite effrayé par les cris des oiseaux.
Les oiseaux expliquèrent qu'un papillon aux ailes rouges de sang les avait effrayés.
Le papillon parla de Téré qui lui avait taché les ailes avec son sang.
Téré se plaignit d'avoir été mordu par un termite rouge, en ramassant sa paille.
Les fourmis noires se rendirent alors chez les termites rouges, et leur livrèrent bataille , en tuèrent un certain nombre et transportèrent leurs cadavres dans leur demeure.
Et elles jurèrent de combattre les termites rouges à chaque nouvelle rencontre pour les punir de leur méfait.
Le forficule commun est un insecte brun rougeâtre, d'aspect luisant, dont le corps aplati mesure de 13 à 30 mm de long. On le reconnaît facilement aux deux appendices en forme de pinces, les cerques, qui terminent son abdomen. Les cerques sont plus robustes et très arqués chez le mâle, alors que ceux de la femelle sont minces et presque droits.
La tête du forficule européen arbore deux antennes filiformes dont la longueur atteint environ la moitié de celle du corps. Les pièces buccales sont de type broyeur.
Son thorax porte trois paires de pattes grêles. Deux paires d'ailes plutôt discrètes y sont aussi attachées. Les ailes de la première paire sont habituellement jaunâtres, très courtes et épaisses. Elles recouvrent et protègent les ailes postérieures. Un peu plus longues et arrondies, celles-ci demeurent presque toujours repliées de façon complexe sous les élytres. Le forficule est capable de voler mais il le fait rarement.
Cet insecte nocturne quitte son abri après la tombée du jour pour se nourrir . Omnivore, il mange des petits insectes et diverses parties de plantes, ainsi que de la matière végétale et animale. Dans les jardins, son menu comprend, entre autres, des jeunes pousses, des fruits, des légumes et des fleurs.
Les soins méticuleux apportés par la femelle forficule aux œufs et aux jeunes font figure d'exception chez des insectes qui ne sont pas sociaux.
Les entomologistes considèrent ces comportements de protection active de la descendance comme la marque d'un début de vie sociale.
Les soins donnés aux œufs consistent au "léchage", ou nettoyage, qui se pratique à l'aide des pièces buccales de la femelle. Cette opération sert à débarrasser la surface des œufs des spores de champignons. Sans cette précaution, les spores se développent rapidement et les œufs moisissent.
Une autre tâche de la mère consiste à rassembler les œufs en un tas unique, si la ponte est dérangée par exemple. Enfin, la femelle peut aussi déplacer ses œufs pour leur offrir de meilleures conditions de température et d'humidité, ou lorsque le site de ponte est endommagé.
La mère peut aussi s'occuper de ses larves, en les nourrissant et en les défendant contre les prédateurs durant leurs premières semaines de vie.
Mais qui est donc ce forficule ?
Tout simplement celui que nous connaissons sous le nom de perce-oreille !
Le perce-oreille doit probablement son nom à une vieille croyance européenne qui s'est largement répandue avec l'insecte lui-même. Selon cette croyance, le forficule pourrait s'introduire dans l'oreille et en ronger le tympan. La légende trouve probablement sa source dans le comportement de ces insectes, qui cherchent souvent de petites cavités obscures où se cacher. L'un d'eux a peut-être pu, autrefois, se réfugier exceptionnellement dans l'oreille de quelqu'un qui s'était endormi par terre.
Nous allons commencer la semaine avec Bayansé l'araignée, qui cherche un imbécile à berner.
Ces faits remontent à bien longtemps ... En ce temps-là, Bayansé l'araignée vivait au bord de la mer, là où les poissons étaient en abondance, mais pas seulement les poissons, les crustacés également. Il y avait là de quoi festoyer tous les jours pour qui se donnerait la peine de pêcher.
Or, Bayansé l'araignée était plutôt paresseuse !
- Comment faire pour prendre du poisson sans avoir à fabriquer des nasses, les poser, puis venir récupérer leur contenu ? se lamentait-elle auprès de qui voulait bien l'écouter.
Un jour, elle eut une idée ... Je sais comment je vais m'y prendre ! Il me faut trouver un imbécile qui fera le travail à ma place, ça ne doit pas être bien difficile ! ...
Si je sais m'y prendre, il ira pêcher pour moi et ensuite j'irai vendre le poisson au marché, ce qui me permettra de devenir riche, très riche. En remerciement pour son travail, je lui ferai cadeau d'un ou deux poissons, et même d'un crabe les jours de fête, il ne faut pas être avare !
Et Bayansé l'araignée commença à rechercher son imbécile,
Arrivant au village, elle lance à tous les échos :
- Un imbécile ! Il me faut un imbécile !
Dans une maison à l'entrée du village, elle vit une femme qui tournait la soupe dans un grand chaudron.
- Je cherche un imbécile, pour pêcher à ma place.
La femme éclata de rire en brandissant sa cuiller de bois.
- Un imbécile ? Ce n'est pas ce qui manque ! Il y en a sans cesse qui cheminent sur le chemin d'où tu viens ...
Mais Bayansé était dubitative ...
Poursuivant sa route, elle arriva en bordure de plage et, s'approchant d'un pêcheur qui ravaudait son filet ...
- Je cherche un imbécile, lui lança-t-elle
- Un crocodile
- Un imbécile.
- Un grain de mil ?
- Non ! Un imbécile. Un nigaud, quoi !
- Ah, un magot ! Ben, moi aussi ! Mais si j'en trouve un, je ne le partagerai sûrement pas avec toi !
Bayansé préféra interrompre une conversation qui ne menait à rien.
Et elle s'en fut en gromelant. Un imbécile, bien sûr qu'elle en tenait un, mais sourd comme il l'était, il ne lui servirait pas à grand' chose.
Et elle continua ses recherches, mais rien à faire ! Pourtant des imbéciles, elle en rencontrait, et beaucoup. Mais pas un seul qui corresponde à l'usage qu'elle voulait en faire ...
Découragée, elle allait cesser sa quête lorsqu'elle vit le faucon.
Aussitôt lui vint une idée ...
Oh, bonjour ami Faucon ! Veux-tu m'accompagner à la pêche ? Tu m'aideras à poser des nasses.
Mais tout le monde sait que les faucons ont l'ouie fine, et celui-là particulièrement. Il savait très bien ce que cherchait Bayansé. Mais comme il n'était pas un imbécile, il n'allait pas se laisser manipuler.
- Pourquoi devrais-je t'aider à poser des nasses alors que je peux avoir autant de viande que je veux.
Mais le faucon n'était pas le seul à avoir tout entendu. Le corbeau lui aussi savait que Bayansé cherchait un imbécile pour pêcher à sa place.
Il descendit de sa branche et demande
- Poser des nasses ? Ma foi, pourquoi pas ? Je t'accompagne.
L'araignée n'en croyait pas ses oreilles.
- Attends-moi Maître Corbeau. Je vais juste chercher mon coutelas, je ne serai pas longue.
Le corbeau attendit à l'ombre d'un fromager. Mais sitôt l'araignée hors de vue, le faucon vint à sa rencontre.
- Mon ami, méfie-toi de Bayansé. Elle veut juste trouver un imbécile pour pêcher à sa place. Et quand tu lui auras remis le poisson, eh bien elle ira le vendre au marché et gardera tout l'argent pour elle.
- Merci mon ami, dit le corbeau. Tu fais bien de m'avertir, mais ne t'inquiète pas, j'ai mon idée . Je vais faire semblant d'être d'accord avec Bayansé, et rira bien qui rira le dernier !
merci Christiane encore
ps = note que la légende des pinces oreilles a survécu ...étant petite j'avais une peur bleue de ces ptites bêtes croyant effectivement à tout ça
Voici la suite de l'histoire de Bayansé l'araignée, qui cherche un imbécile à berner.
Bayansé revint bientôt avec son coutelas.
- Viens, Corbeau. Accompagne-moi dans la brousse pour couper des tiges de palmier pour nos nasses.
Arrivé près du premier palmier, le corbeau dit à Bayansé :
- Soeur araignée, donne-moi ton couteau pour que je coupe les tiges. Toi, pendant ce temps, tu restes assise ici et tu prends ma fatigue, d'accord ?
Mais Bayansé n'était pas d'accord.
- Me prendrais-tu pour une imbécile ? Non, non, toi tu restes assis là avec toute la fatigue et c'est moi qui coupe les tiges.
Et Bayansé s'activa des heures durant, tandis que le corbeau se reposait à l'ombre, en jouant les épuisés.
Une fois sa tâche terminée, Bayansé les lia en bottes, aidée en cela par le corbeau qui déclara :
- Bayansé, laisse-moi porter ton fardeau. Toi, tu auras juste à me suivre en te chargeant de la fatigue et du tour de reins.
- Messire Corbeau ! Me prendrais-tu à nouveau pour une imbécile ? Je ne marche pas ! Aide-moi seulement à charger ce fardeau sur ma tête, et c'est moi qui vais le transporter. Je t'abandonne la fatigue et le tour de reins.
Et le corbeau se mit à suivre Bayansé, soupirant et gémissant à fendre l'âme.
Arrivés devant la maison de l'araignée, le corbeau l'aida à se décharger et lui dit :
- Maintenant je vais fabriquer tes nasses, laisse-moi faire. Je te laisse la fatigue et les crampes aux doigts.
- Pas question ! dit l'araignée. Tu sais bien que je suis une spécialiste en tissage et vannerie. Donc, tu me laisses tresser ces tiges, et moi je te laisse la fatigue et les crampes aux doigts.
Le corbeau s'étendit sur le meilleur couchage, et se mit à gémir, à geindre, à soupirer, plus fort que jamais.
- Imbécile, dit Bayansé. Que tu es douillet ! A t'entendre, on te croirait mourrant !
Et elle se mit à s'activer, croisant, tordant, tissant et tressant les tiges de palmier. Après de longues heures de travail, elle avait confectionné deux belles nasses.
Le corbeau se releva vite fait.
- Bayansé, je t'en prie, sois gentille ! Laisse-moi porter ces nasses à l'eau. Je te laisse la fatigue car moi je n'en peux plus de la porter, tu sais !
- Tu ne crois pas que je vais t'abandonner mes jolies nasses après les avoir si bien fabriquées, lui répondit Bayansé. Je m'en charge et toi tu te charges de la fatigue. D'ailleurs, tu le fais très bien.
Et ils se dirigèrent vers rivage, Bayansé marchant à pas comptés, tant les nasses pesaient sur sa tête. Le corbeau suivait, traînant la patte, et gémissant à fendre l'âme.
Au bord de l'eau, le corbeau dit :
- Bayansé, souviens-toi de la bête féroce qui habite là, dans la mer. Laisse-moi me mettre à l'eau pour poser ces nasses, et si la bête me mord, c'est toi qui mourras à ma place.
- Pas question répliqua Bayansé. C'est moi qui pose les nasses, et si la bête me mord, c'est toi qui meurre.
Et Bayansé se mit à l'eau et posa les nasses, les garnissant d'appâts. Pendant ce temps, bien au sec, le corbeau la regardait faire. Puis, tous deux rentrèrent se coucher dans la case de l'araignée.
Le lendemain au petit matin, ils descendirent en hâte vérifier les nasses. Il y avait dans chacune un petit poisson.
Le corbeau dit à Bayansé :
- Deux poissons, quelle chance tu as, Bayansé ! Ces deux-là, prends-les, je te les laisse. Demain, il y en aura quatre, et c'est moi qui les prendrai.
- Faux-frère s'écria Bayansé. Tu me prends pour une imbécile, ou quoi ? Merci bien. Je te laisse ces deux poissons, tu peux te les garder, mais demain, c'est moi qui prendrai les quatre.
Le corbeau prit les poissons sans se faire prier. Avec une poignée de manioc, un peu d'huile et des épices, il se prépara un repas succulent qu'il dégusta seul.
J'avais pris un peu de retard mais quel plaisir de lire toutes ces informations tout aussi variées les unes que les autres Merci Christiane et vivement la suite
Voici la fin de l'histoire de Bayansé l'araignée, qui cherche un imbécile à berner . Où l'on pourra constater que qui est pris qui croyait prendre !
Le lendemain matin, le corbeau et Bayansé retournèrent inspecter les nasses. Elles contenaient quatre poissons. Le corbeau dit à l'araignée
- Quatre poissons, quelle chance, Bayansé ! Je te les laisse, ils sont à toi. Les prochains seront pour moi et avec tout l'appât qu'on a mis, il y en aura au moins huit !
Mais l'araignée se mit en colère :
- Tu me prends décidément pour une imbécile ! Ces quatre-là, je te les laisse, je n'en veux pas. Demain, les huit seront pour moi.
Le corbeau prit les poissons et les fit frire tous les quatre. Il se régala et n'en laissa pas une miette.
Le lendemain, les nasses contenaient bel et bien huit magnifiques poissons.
Le corbeau dit à Bayansé :
- Huit poissons, et des gros ! Tu en as de la chance, Araignée ! Allons, ils sont à toi, moi j'attendrai demain car, c'est sûr, demain il y en aura seize. Et ces seize-là ils seront pour moi, bien sûr.
- Il ne manquerait plus que ça ! répondit Bayansé. Non mais, tu crois vraiment que je vais marcher dans tes combines ? Les huit poissons d'aujourd'hui, je te les laisse. Je me réserve les seize de demain.
Le corbeau prit les poissons et les mit à cuire au four. Son repas était si somptueux qu'il eut de la peine à le terminer.
Le lendemain, les nasses contenaient bel et bien seize poissons. Mais ils s'étaient tant trémoussés, tant débattus, tant démenés, que les nasses en étaient tout abimées. Le corbeau dit à l'araignée
- Bayansé, regarde-moi ça. Ces pauvres nasses sont devenues inutilisables. Elles sont trouées et ne prendront plus un seul poisson … Mais je parierais qu'au marché on trouvera un imbécile pour les acheter. Je te laisse ces poissons, et toi tu me laisses les nattes. Je suis certain d'en tirer un bon prix sur le marché.
L'araignée si mit vraiment en colère.
- Hors de question, Corbeau voleur. C'est toi qui prends les poissons, mais moi je me charge de vendre ces nasses et le magot que j'en tirerai sera pour moi.
Le corbeau s'en alla avec les seize poissons. Quant à l'araignée, elle ramassa ce qu'il restait des nasses et se rendit au village voisin rejoindre le corbeau. Là, ils s'installèrent sur la place du marché.
A peine installés, les acheteurs se ruèrent sur les beaux poissons tout frais. En un clin d'œil il n'en resta plus un seul. Maintenant que sa bourse était pleine, le corbeau était content et plein d'indulgence vis-à-vis de celle qu'il avait bernée.
Une fois le dernier client parti, le corbeau s'en alla retrouver l'araignée, toujours accroupie seule dans son coin, avec ses deux nasses à vendre. Elle lui fit pitié, aussi voulut-il lui porter conseil
- Mais ne reste pas ainsi immobile ! Promène-toi avec tes nasses. Fais-les voir aux gens. Crie bien fort qu'elles sont à vendre et qu'elles vaudraient une fortune chez un antiquaire ! Allez, bouge-toi un peu, fais entendre ta voix !
L'araignée se relava et cria, tout émoustillée :
Qui veut des nasses, mes belles nasses
Antiques et belles, même usagées
De vraies merveilles, de beaux trésors
Que je cèderai au poids de l'or !
Le chef du village, entendant ces mots, entra dans une fureur noire. Qui osait proférer pareilles absurdités sur la grand-place de son village ? Qui prenait ses villageois pour des imbéciles ? Il appela ses gardes
- Qu'on m'amène immédiatement cet inconscient personnage !
L'araignée, avertie que le chef la convoquait, se vit déjà comblée d'honneurs. Elle calcula combien d'or allait lui rapporter cette vente. Mais la voix forte du chef l'arracha à son rêve
- Holà, toi ! Où te crois-tu ? Au pays des imbéciles ?
L'araignée se mit à trembler.
- Ton ami le Corbeau est venu nous vendre de superbes poissons très frais, et ça lui a rapporté un bon prix. Tu étais près de lui, tu aurais dû prendre exemple sur lui. Nous ne sommes pas fous dans ce village ! Et pourtant tu voudrais nous refiler, ou plutôt nous vendre à prix d'or, tes deux nasses déchiquetées qui ne valent pas un grain de mil ?
Le chef était si en colère qu'il fit venir ses gardes.
- Qu'on la fouette !
L'araignée voulut s'enfuir, mais elle se prit les pattes dans ses nasses, et plus elle se débattait, plus elle s'entortillait dedans. Prisonnière de ses nasses, elle encaissait les coups qui pleuvaient, en pleurant .
- Pardon ! Pitié ! Je ne recommencerai plus !
Elle pleurait de rage, de douleur et d'humiliation. Ce châtiment mérité lui faisait comprendre, un peu tard, qu'à vouloir tromper les autres, on finit toujours par se tromper soi-même.'